LA COLLECTION PERMANENTE
Ici, nous présentons la recherche archéologique en Crète orientale, depuis la fin du 19ème siècle. Les auteurs de l’Antiquité citent fréquemment la Crète. Ce fait, combiné aux antiquités visibles sur l’île, amena ici, dès le 15ème siècle, des géographes, des scientifiques spécialisés ainsi que des voyageurs. Les premières fouilles furent menées en Crète orientale à la fin du 19ème et au début du 20ème, par des écoles d’archéologie étrangères. Jusqu’à nos jours, en collaboration avec l’Éphorie des antiquités de Lassithi, les écoles d’archéologie britannique, française, belge et américaine, l’institut irlandais ainsi que la Société d’archéologie et des universités grecques poursuivent les recherches à Lassithi.
La science de l’archéologie est présentée de façon claire et compréhensible. Cette science révèle, enregistre et étudie les vestiges matériels de l’activité humaine afin de recomposer et d’interpréter la civilisation des sociétés du passé. La localisation des sites archéologiques s’appuie sur l’étude des sources historiques, la recherche en surface, des témoignages oraux plus récents, voire, sur des incidents dus au hasard. Les fouilles sont menées avec la participation d’archéologues, restaurateurs, architectes, topographes, dessinateurs, photographes et ouvriers spécialisés. Au cours des fouilles, des objets mobiles et fixes sont mis au jour. Ils sont restaurés et conservés. Le processus s’achève avec l’enregistrement, l’étude, la publication du matériel et la présentation des éléments découverts dans les expositions du musée.
La science de l’archéologie est présentée de façon claire et compréhensible. Cette science révèle, enregistre et étudie les vestiges matériels de l’activité humaine afin de recomposer et d’interpréter la civilisation des sociétés du passé. La localisation des sites archéologiques s’appuie sur l’étude des sources historiques, la recherche en surface, des témoignages oraux plus récents, voire, sur des incidents dus au hasard. Les fouilles sont menées avec la participation d’archéologues, restaurateurs, architectes, topographes, dessinateurs, photographes et ouvriers spécialisés. Au cours des fouilles, des objets mobiles et fixes sont mis au jour. Ils sont restaurés et conservés. Le processus s’achève avec l’enregistrement, l’étude, la publication du matériel et la présentation des éléments découverts dans les expositions du musée.
Cette section présente, par ordre chronologique et thématique, le parcours de la Crète orientale du néolithique à la fin de l’âge du bronze et au début de l’âge du fer. Bien qu’il existe des indices épars d’établissement en Crète depuis le paléolithique et, en Crète orientale, depuis le précéramique (nouvelle recherche menée à la caverne de Pelekito) et le néolithique moyen (statuette stéatopyge de Kato Chorio, Ierapetra), les phases récente et finale en ont fourni des preuves incontestables de l’existence d’établissements permanent dans la région. Le traitement et l’utilisation du bronze au début du 3ème millénaire av. J.-C. marquent l’entrée de la région dans la civilisation minoenne. L’exposition présente successivement les premiers établissements, les anciens et nouveaux palais de la région, les établissements néopalatiaux et post-palatiaux, le développement du système bureaucratique et l’administration, l’organisation économique et la production au fil du temps, la formation et la consolidation des conceptions religieuses, la gestion de la mort et les pratiques funéraires, l’image des hommes de l’âge du bronze.
Cette unité porte sur les établissements identifiés au moyen de recherches de surface ainsi que les quelques sites ayant fait l’objet de fouilles et relevant du néolithique récent et final, qui montrent la densité d’habitation en Crète orientale. Au-delà des références d’ordre général, au moyen principalement de matériel issu des sites identifiés, p.ex., un puits néolithique de Fourni, les recherches en surface à Vrokastro, l’isthme d’Ierapetra, le Kavoussi, etc., des vestiges matériels sont utilisés pour présenter la caverne de Pelekita, la résidence à Mangasas, Azorias, Milatos et divers sites de la région de Sitia.
En Crète orientale, les premiers établissements permanents remontent au néolithique récent (5300 – 4500 av. J.-C.) et final (4500 – 3200 av. J.-C.).
Les cavernes peuvent être utilisées comme foyer, telles que les cavernes de Trapeza, Argoulia et Psychro, sur le haut-plateau de Lassithi. Elles peuvent également remplir des fonctions funéraires, telles que les cavernes de Thériospilio à Pachia Ammos, et de Skafidia, sur le haut-plateau de Lassithi, ou encore des fonctions domestiques et cultuelles, telle que la caverne de Pelekita, à Kato Zakros. Un élément unique, à ce jour, en Crète et remontant au néolithique, est le puits de Kastelli de Fourni, qui montre la capacité d’exploiter les sources d’eau souterraines dans une région au climat sec.
Ici, est présenté le plus grand ensemble céramique du musée issu de l’établissement datant du minoen ancien MA II qui a été découvert au sommet de la colline de Fournou Koryfi de Myrtos. Dans chacune des 6 ou 7 habitations consécutives de l’établissement, l’on découvrit des locaux de travail, des cuisines, des entrepôts avec de grandes jarres. Un des locaux a été identifié comme étant un atelier de céramique. De grands pressoirs à vin étaient utilisés pour produire le vin, les broyeurs en pierre montrent que l’on cultivait des céréales, un nombre important de pesons indique que l’on s’occupait de tissage. Dans un petit sanctuaire domestique à trois pièces et de nombreux vases l’on découvrit la célèbre « Déesse de Myrtos », un vase unique, en forme de femme, destiné aux libations. L’établissement fut abandonné suite à sa destruction à cause d’un incendie, à la fin du minoen MA II.
période prépalatiale
période prépalatiale
période prépalatiale
période prépalatiale
Cette unité présente le palais de Zakros, à l’extrémité orientale de la Crète. Il fut fondé vers 1900 av. J.-C. et reconstruit vers 1600 av. J.-C. Sa situation en fit un centre important pour le commerce avec l’Orient et une porte d’entrée en Crète de matières premières, d’artéfacts et de nouvelles idées.
Sa conception architecturale est très proche de celle des trois autres palais. Au cœur du complexe, se trouvait la cour d’où partait la route qui aboutissait au port. Autour de la cour sont disposés les cuisines, les ateliers, les entrepôts, le trésor, les archives, un bassin destiné aux purifications, des salles de rituels et de banquets et lesdits appartements royaux.
Sa destruction soudaine, à la fin de la période néopalatiale, et le fait qu’il n’a jamais été pillé l’ont rendu unique quant à la portée et à la quantité des objets qui y furent découverts.
LA VIE DES HOMMES À L'ÈRE DU BRONZE
Ici, est présenté le troisième palais, par ordre de volume, de la Crète minoenne, au pied du mont Séléna. La majeure partie des vestiges actuellement visibles remonterait à la période entre 1650 et 1450 av. J.-C. ; seule une petite partie de la première phase de construction (1900 – 1700 av. J.-C.) est encore conservée. Les objets les plus importants qui furent mis à la lumière incluent le bijou aux abeilles en or, des épées au manche en cristal, ivoire et or, le manche en pierre d’un sceptre en forme de buste de panthère, et bien d’autres. Ces objets sont exposés au musée d’Héraklion.
période protopalatiale
Gournia offrent une image claire d’une petite ville de la période néopalatiale. Sa situation stratégique sur l’isthme, entre les côtes nord et sud de l’île, a permis à l’établissement d’évoluer en un centre économique prospère. Après avoir été détruit, à la période protopalatiale, le nouvel établissement fut réaménagé et inclut un petit « palais », le siège de l’administration locale, plusieurs habitations, un réseau de routes et une cour publique de forme rectangulaire. À la fin de la période néopalatiale, la ville fut détruite et, à la période postpalatiale, elle fut à nouveau habitée, mais dans une étendue limitée. Les habitants étaient des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs mais étaient également actifs dans la céramique, le travail des métaux et le textile. Ils communiquaient avec d’autres régions, aussi bien en Crète qu’en dehors de l’île.
LA VIE DES HOMMES À L'ÈRE DU BRONZE
Complexe d’édifices au lieu-dit Plakakia de Makrygialos, à l’ouest du hameau contemporain. Il date de la période approximativement située entre 1480 – 1425 av. J.-C. L’édifice présente des éléments d’architecture palatiale. Parmi les objets mobiles découverts figurent des vases en céramique et en pierre, des statuettes et un sceau cylindre en stéatite portant la représentation d’un navire, d’une prêtresse et d’un palmier. Sa situation géographique, sur les côtes de la mer Libyenne, et le fait qu’il était éloigné d’autres établissements minoens, ainsi que son aménagement architectural et la nature des objets découverts suggèrent qu’il s’agissait d’un établissement administratif et, éventuellement, religieux.
période néopalatiale
Grâce à sa situation géographique et à son double port unique, qui offrait un refuge par tout temps, l’établissement de Mochlos connut un grand essor. À la période prépalatiale, l’établissement s’étendit le long de la zone côtière et l’on aménagea un vaste cimetière composé de sépultures-habitations, sur les flancs ouest. La ville fut détruite et reconstruite à la fin de la période prépalatiale et protopalatiale. Elle fut à nouveau détruite suite à l’éruption du volcan de Thira (Santorin), reconstruite et à nouveau détruite vers 1450 av. J.-C. Pendant cette période, la ville disposait d’un centre où se déroulaient des cérémonies, et de 20 à 30 habitations réparties entre quatre îlots bâtis. À la période postpalatiale, 13 habitations supplémentaires, nettement plus petites, furent construites sur les vestiges de la ville antérieure. La dernière phase pendant laquelle Mochlos fut habité de façon étendue correspond à une ville fortifiée, avec port, datant du 2ème et du 1er siècle av. J.-C.
période néopalatiale
L’établissement minoen de l’îlot Chryssi ou Gaïdouronissi, situé au Sud d’Ierapetra, est présenté ici. Les vestiges architecturaux qui furent ici mis au jour correspondent à un petit établissement, comptant 10 à 12 habitations, mais à l’économie particulièrement prospère, comme en témoigne la quantité et, surtout, la qualité des objets mobiles découverts. Cela serait lié au rôle important que joua l’île en tant que centre de traitement du pourpre.
LA VIE DES HOMMES À L'ÈRE DU BRONZE
L’établissement minoen de Sissi se trouve sur une colline, en bord de mer, à 4 km à l’est de Malia. Il occupe une place stratégique. Le site fut habité du minoen ancien IIA au minoen récent IIIB. La côte nord de la colline est occupée par un cimetière dont les sépultures remontent du minoen ancien IIA au minoen moyen IIB. Les fouilles menées sur le site de l’établissement néopalatial mirent au jour certaines habitations – ateliers. Un complexe étendu, aménagé en ailes entourant une cour en plein air, remonte à la dernière phase d’occupation du site. Un petit sanctuaire date de la même période. Le complexe aurait été détruit suite à un séisme, lors du minoen récent IIIB, et ne fut pas réoccupé.
période postpalatiale
période postpalatiale
Situé sur la colline du même nom, à une altitude de 240 mètres à l’ouest du massif montagneux de Sitia vers Ierapetra, l’établissement de Chalasmènos est un des sites les plus représentatifs de la période du minoen récent IIIC (12ème siècle av. J.-C.). Il fut abandonné à la fin de cette période et réoccupé à l’ère géométrique (8ème siècle av. J.-C.). L’architecture du site, datant du minoen récent IIIC, combinait des éléments minoens et mycéniens. Le centre est occupé par de grands édifices rectangulaires dont l’architecture est influencée par l’architecture mycénienne. À l’extrémité nord de l’établissement, se trouvait le sanctuaire public.
Dès le néolithique, les artisans se spécialisaient dans la production et la commercialisation d’objets à usage quotidien (ustensiles domestiques, outils, vêtements) mais aussi d’objets marquant le rang social (bijoux, sceaux, armes). Cette unité présente la production primaire, l’agriculture, l’élevage et, souvent, quelques activités artisanales.
période prépalatiale
L’unité aborde l’idée de l’agriculture. Des champs sont aménagés dans les vallées, sur des hauts-plateaux et en terrasses, sur les côtes, où sont cultivés céréales, légumineuses, oliviers, vignes, fruits et lin. Au début, on utilisait des outils en pierre. Ensuite, les outils en métal et la charrue permirent de faciliter la culture et d’augmenter la production. Les produits agricoles sont destinés à l’alimentation mais, une partie d’entre eux, est également une matière première pour l’artisanat ainsi qu’un moyen pour procéder à des échanges.
Présentation de l’élevage et de l’apiculture qui étaient deux des activités les plus importantes en Crète minoenne. Les ossements et les dents d’animaux découverts lors des fouilles menées sur des sites minoens confirment que l’on pratiquait l’élevage d’ovins et de caprins, de cochons et de bovins. Dans des zones de montagne, l’on a identifié de petits édifices qui furent interprétés comme étant des établissements d’élevage. S’agissant de l’apiculture, l’on commença par la collecte du miel des cavités des arbres et des crevasses de rochers. Plus tard, on utilisa les ruches en céramique et des enfumoirs pour améliorer la production.
Il s’agit d’une unité distincte qui montre l’importance de la mer pour les minoens. Dans les zones côtières, l’on pratique la pêche de poissons grands et petits, à l’aide d’hameçons et de filets, ainsi que témoignent les objets découverts. L’on récoltait également des balanes, des huitres et des crabes, comme aliments, du pourpre pour produire la teinture, et des tritons qui étaient utilisés pour transférer des liquides et pour les libations lors de rituels religieux. La découverte de sel associé à des restes de poissons montre qu’il était utilisé dans la conservation de ces derniers.
période néopalatiale
Cette unité aborde l’activité de la chasse qui était particulièrement importante depuis l’antiquité. La chasse, en groupe ou en solitaire, semble avoir été une activité importante et avait pour gibier le lièvre, le chamois, le cerf, le daim, le sanglier, les bovidés sauvages, le blaireau ainsi que différentes espèces d’oiseaux. Dans les créations artistiques, le chien est représenté directement lié à la chasse.
période protopalatiale
Cette unité présente la production céramique. Des ateliers de céramique sont identifiés dans des palais et des établissements. En outre, des potiers ambulants spécialisés créaient, dans des installations temporaires, des vases destinés au stockage et des larnakes. Après avoir réuni et traité l’argile, les potiers créaient des vases, à l’aide ou pas de la roue, qu’ils cuisaient sur feu ouvert ou dans un four. Il s’agit d’ustensiles domestiques, d’objets de stockage et de transport, mais aussi destinés aux rituels. Ils sont décorés de motifs gravés, en relief ou peints, de style géométrique et stylisés ou bien inspirés de la nature et du monde marin.
période prépalatiale
Une autre activité importante était celle de la fabrication d’objets et de vases en pierre, de taille petite ou grande. À l’aide de divers outils (couteaux, burins, gravoirs, forets, scies), les artisans taillent les pierres dures (albâtre, cristal de roche, marbre, obsidienne) mais aussi tendres (chlorite, stéatite, ophite), venues du pays ou importées.
LA VIE DES HOMMES À L'ÈRE DU BRONZE
Ici, on présente le travail du métal, une des activités les plus importantes des artisans minoens. Les matières premières sont importées de Chypre, de Lavrion, des Cyclades, d’Asie Mineure, d’Afghanistan et d’Égypte. Après avoir fondu les métaux dans le creuset à l’aide de soufflets, les artisans les forgeaient au marteau et à l’enclume afin de leur donner la forme souhaitée, ou bien ils les coulaient dans des moules. Ils créaient des récipients, des ustensiles, des outils, des statuettes et des dagues ou des poignards. Des ateliers de travail du cuivre furent identifiés à Malia (quartier M), à Chryssokamino, Zakros, Palaikastro et Petras.
Dans les ateliers de gravure de sceaux (tel que celui du quartier M, à Malia), les artisans utilisaient des pierres tendres, des os ou de l’ivoire, qu’ils façonnaient à la scie pour obtenir la forme et la taille souhaitées. Ensuite, ils les lissaient à l’aide de grattoirs et de polissoirs. Puis, ils y gravaient l’image souhaitée, avant de polir à nouveau la surface. Plus tard, le travail de pierres semi-précieuses exigeait plus de dextérité et des outils spécialisés. Les sceaux attestaient la propriété ou l’authenticité d’un produit. Ils pouvaient également servir de bijoux ou d’amulettes.
période postpalatiale
période néopalatiale
période néopalatiale
Dans le textile, artisanat important de l’époque, la laine et le lin étaient les principales matières premières. Dans les ateliers du palais, on enseignait l’art du tissage et une partie de la production était exportée. Dans plusieurs habitations, l’on a également découverts un grand nombre de volants de fuseaux et de poids utilisés sur les métiers à tisser.
période prépalatiale
Le commerce dans la région se développa quasi-parallèlement à la production du secteur primaire et secondaire. La présentation d’objets importés de différentes partie de Crète mais aussi de sites éloignés en Méditerranée orientale et d’objets où l’on distingue l’influence d’autres civilisations, l’on tente de proposer aux visiteurs une image claire de la circulation des marchandises et des échanges commerciaux.
période postpalatiale
période néopalatiale
période néopalatiale
Le développement des échanges en dehors de la Crète et les progrès marqués dans le domaine de la navigation sont démontrés par l’importation en Crète orientale, dès le néolithique final et le début de l’âge du bronze, d’obsidienne venant de Milos et Nissiros, d’ivoire venant d’Égypte et de Syrie, de cuivre de Chypre et de Lavrion, d’étain de lapis-lazuli d’Afghanistan, d’ambre de la Baltique. Les objets exposés dans cette unité présentent les relations entre la partie orientale de la Crète et des régions éloignées ainsi que les influences culturelles qui sont retracées à travers eux.
période prépalatiale
période postpalatiale
période postpalatiale
This subsection presents products of various Cretan pottery workshops found in areas of Eastern Crete far from their place of production, thus testifying to relations and trade within the island and the circulation of goods from place to place. As an example, we mention the findings in the tombs of Agia Fotia, Siteia, vases from Central Crete, in the area of Malia, others made in the area of Merambelo, Messara or Southern Crete, or tombs in Eastern Crete of products of the Kydonia workshop.
Postpalatial period
LA VIE DES HOMMES À L'ÈRE DU BRONZE
Cette unité porte sur le culte et les interprétations qui y sont apportées. Au début, le culte était pratiqué en plein air, dans des grottes et aux sanctuaires situés sur les sommets. Plus tard, l’on adopta le sanctuaire domestique, palatial et public. Aux sanctuaires sur les sommets et dans les grottes, les fidèles faisaient offrande à la divinité de statuettes à forme humaine ou animale, de doubles haches, des armes et des vases.
période protopalatiale
période postpalatiale
Dans la majorité de ses sanctuaires, l’on n’a pas découvert de vestiges d’édifices, à l’exception de certains sites qui étaient délimités au moyen d’enceintes. Les fidèles emmenaient leurs offrandes qu’ils déposaient dans les fissures de rochers ou bien dans le feu qu’ils allumaient, lors des cérémonies. Les offrandes étaient principalement liées à la santé et aux activités des fidèles. Ils offraient des statuettes à forme humaine ou animale, des vases et des symboles sacrés. Des représentations de membres du corps humain, parfois déformés, étaient offertes en guise de prière ou de remerciement pour la guérison.
période protopalatiale
Dans les foyers, le culte était pratiqué dans les sanctuaires privés, dans une des pièces de la maison. La pièce ne présentait pas de caractéristiques particulières, à l’exception d’un banc disposé le long d’un mur où l’on disposait les statuettes et les objets du culte. D’autre part, les sanctuaires publics étaient, au départ, intégrés aux complexes palatiaux d’où la pratique du culte était contrôlée.
période prépalatiale
période postpalatiale
période postpalatiale
Cette unité présente les pratiques funéraires. En Crète, dès le néolithique et tout au long de l’ère minoenne, la pratique funéraire ordinaire consistant à ensevelir le défunt. Au début, l’ensevelissement avait lieu dans des cavernes et sous des toits de rocher. Plus tard, on créa des tombes familiales – habitations, dans des tranchées, dans des jarres et des larnakes et, enfin, dans des tombes à toit en voûte et en forme de chambre. En Crète orientale – à Elounda – l’on identifia également les incinérations les plus anciennes sur l’île, datant du minoen récent IIIA2 et IIIB.
Cette sous-unité a trait aux tombes caractéristiques pour leur architecture particulière et la richesse des objets découverts : les tombes – habitations de la période prépalatiale et protopalatiale, que l’on retrouve en Crète orientale et qui correspondent aux grandes tombes à voûte de Crète centrale.
Cette unité présente les grottes et les toits de rocher qui, outre le fait d’avoir servi de lieux de sépulture, servirent également à la sépulture secondaire, c’est-à-dire, comme ossuaires. De tels sites furent identifiés à Petras de Sitia, Evraïki de Kavoussi, Agios Charalambos du haut-plateau de Lassithi.
période protopalatiale
période prépalatiale - protopalatiale
Cette unité présentera les tombes bâties à voûte et à chambre de Crète orientale, en commençant par le cimetière de la période prépalatiale le plus important, en raison de ses liens avec les Cyclades et de sa taille, celui d’Agia Fotia, dont la majorité des 263 tombes relèvent de la catégorie des petites tombes bâties à voûte. Seront également présentées les tombes à voûte de la période postpalatiale qui furent découvertes à Kritsa, Kaminaki, Kalamafka, Karfi, ainsi que sur d’autres sites, et les tombes à chambre, taillées dans la roche tendre, dont celles de Gra Lygia et de Myrsini.
LA VIE DES HOMMES À L'ÂGE DU BRONZE
Sépultures et hommage rendu aux défunts
Outre les édifices funéraires où étaient ensevelis plusieurs membres d’une famille ou d’une lignée, il existait également des sépultures isolées, dans des fossés creusés, dans des tombes parallélépipédiques bâties ou dans des jarres. La pratique populaire dès le minoen moyen était d’ensevelir les défunts dans des jarres, en position recroquevillée. De grands cimetières à sépultures en jarre ont fait l’objet de fouilles à Pachia Ammos et Gournia. Cette pratique fut poursuivie à la période postpalatiale, où les nourrissons et les enfants étaient ensevelis dans de petites jarres ou d’autres vases de stockage. La sépulture en jarre de Krya de Sitia est un échantillon caractéristique.
Cette unité fournit des renseignements sur l’aspect des minoens. Ils sont puisés principalement dans les peintures murales, les statuettes qui furent découvertes dans des sanctuaires au sommet, les sceaux ainsi que les bijoux et les objets liés aux soins et à la beauté du corps.
Cet période fut nommée d’après le fer, le métal dont l’utilisation est dorénavant généralisée dans la fabrication d’outils et d’armes. Des établissements du premier âge du fer (970 – 810 av. J.-C.) sont créés en montagne et dans la plaine, sur des sites où, avant, se trouvaient des établissements minoens. Les troubles causés par la revendication armée des terres arables de l’île contraignirent les crétois à se déplacer vers des sites de montagne et arides (établissements – refuges). Le culte religieux continue d’être pratiqué dans des sanctuaires domestiques ou en plein air, dans des grottes. Toutefois, en même temps, apparaissent les premiers temples.
Il semblerait qu’au 7ème siècle les lignées nobles détenaient le pouvoir et le régime aristocratique fut maintenu jusqu’à l’ère hellénistique. La transition des bourgs vers les villes eut lieu progressivement. En même temps, la composition archaïque des établissements est conservée, tout comme les formes traditionnelles, sur le plan de l’architecture.
Le conservatisme et le manque de renouvellement a également une influence sur la création artistique qui suit les modèles grecs. S’agissant de la stagnation culturelle, observée à partir du 5ème siècle av. J.-C., elle est également due aux guerres civiles, prolongées et dures, entre cités crétoises. Dans la nouvelle unité politico-géographique que créèrent les conquêtes d’Alexandre, la Crète occupait une situation stratégique essentielle. À partir du 2ème siècle av. J.-C., l’île devient la base de pirates qui menaient des attaques contre les navires et des ports romains. En 67 av. J.-C., les romains occupèrent l’île qui connaîtra une grande prospérité en tant que partie de l’empire romain.
Nous disposons de très peu de renseignements concernant les premiers siècles de ladite ère historique (1050 – 630). Ce n’est que de façon indirecte que l’on peut retracer les développements les plus importants qui ont lieu sur l’île, telle que l’arrivée de nouveaux groupes de populations et le changement dans l’organisation de l’administration. Il semblerait, en tout cas, qu’en Crète orientale, il n’y eut pas de changements dramatiques à la fin de l’âge du bronze. Au départ, la tradition créto-mycénienne se poursuivit, dans une large mesure. C’est ce qu’indiquent l’évolution de la structure des établissements et les éléments liés à la religion et aux pratiques cultuelles. Toutefois, à cette époque, commence également à se développer l’institution de la cité-état, avec le centre urbain et le territoire, la « chora », une institution qui dominera dans l’ensemble de l’espace helladique et en Crète pour de nombreux siècles, jusqu’à l’occupation romaine. Le déplacement et l’unification des établissements et la formation des centres urbains auraient eu lieu au 8ème siècle av. J.-C.
Outre les références dans les inscriptions et les sources littéraires, pour qualifier une ville d’état autonome, celle-ci doit remplir certains critères tels que la domination sur le territoire, l’existence d’une législation et d’institutions politiques, la politique étrangère indépendante, la possibilité d’administrer la justice, l’entretien d’une armée, la frappe monétaire, la perception de droits et la gestion des recettes de la cité.
À l’occupation de Kastro au minoen récent (1200 – 1025 av. J.-C.) succède l’établissement protogéométrique élargi (1025 – 850 av. J.-C.), dont la forme changea en partie, au 8ème siècle av. J.-C.
Les pièces composant l’établissement comportent des installations domestiques permanentes et les objets découverts fournissent des informations sur la vie quotidienne des habitants et leurs rapports avec l’environnement naturel et la valorisation de ses ressources. La taille de l’établissement diminua au cours du 7ème siècle av. J.-C. et, enfin de compte, il fut abandonné.
Le but de cette unité est de proposer l’image brève d’un établissement de la période archaïque et de ses activités sociales, politiques et économiques. Azorias est l’unique site urbain du 6ème siècle, en Crète, où les fouilles ont mis au jour des objets et des vestiges architecturaux fournissant des renseignements uniques sur la transition de l’établissement du premier âge du fer à la cité-état de la période archaïque, sur l’économie politique d’une des premières cités grecques et sur les changements d’ordre social, économique et politique, à la période archaïque récente.
LA CRÈTE ORIENTALE DEPUIS LE PREMIER ÂGE DU FER À LA HAUTE ANTIQUITÉ
Cette unité présente l’importance de la religion et l’évolution des conceptions et des pratiques religieuses dans la vie des crétois de la Crète orientale, au début de l’ère historique. Au fil du temps, les sanctuaires se trouvant dans les établissements acquièrent une autonomie et opèrent non pas uniquement comme des lieux où se déroulent des cérémonies sacrées mais aussi comme des lieux où les liens au sein de la communauté sont renforcés. Les sanctuaires situés en campagne, pour leur part, constituent des sites qui attirent aussi bien les habitants de la région environnante que ceux de régions voisines. Bien qu’il soit habituellement difficile d’identifier la divinité à laquelle le sanctuaire est consacré, les offrandes votives permettent de constater la complexité des mutations religieuses et sociales qui ont lieu à l’époque.
ère géométrique
époque archaïque
La collection du musée accueille un nombre très limité d’objets venant de la grotte de Psychro, connue sous le nom de grotte de Dicté (Diktaion Antron). En effet, la majeure partie des objets est répartie entre divers musées et, principalement, celui d’Héraklion. Cette sous-unité est présentée parce qu’elle porte sur une des grottes du culte les plus importantes et imposantes de Crète, qui conserva ce caractère pour une période remarquablement longue, depuis le minoen moyen à l’ère archaïque, c’est-à-dire, depuis environ 1800 av. J.-C. jusqu’au 7ème siècle av. J.-C. – à l’exception de quelques objets qui y furent trouvés et remontent au Moyen Âge. Il s’agissait donc d’un des sites cultuels les plus importants de l’île. Ici, l’on découvrit des statuettes en bronze, représentant des hommes et des femmes, les fidèles eux-mêmes, dans des attitudes d’adoration caractéristiques, des statuettes représentant des animaux, en tant que substituts des vrais animaux, des outils en bronze, des couteaux, des rasoirs, des lames, des sceaux et des boucles. Ces objets seront présentés au moyen d’un riche matériel pédagogique.
Les cimetières du 1er millénaire se trouvent toujours en dehors des établissements, souvent sur des sites où existaient des tombes minoennes dont bon nombre fut réutilisé. La création de tombes à voûte et à chambre est interrompue au 8ème siècle. Toutefois, elles continuent d’être utilisées jusqu’au 6ème siècle av. J.-C.
En Crète, ensevelissement et crémation coexistent dans les mêmes tombes, jusqu’au 9ème siècle av. J.-C. Progressivement, l’espace consacré aux tombes familiales diminue et, à la place des sépultures plus anciennes qui sont éloignées, les nouveaux défunts sont ensevelis.
Le premier changement important dans les coutumes funéraires a lieu au 7ème siècle, en raison de changements sociaux essentiels qui permirent aux citoyens de prendre conscience de leur contribution individuelle à la société. C’est précisément à ce moment qu’apparaissent les premières tombes individuelles.
Les objets funéraires sont des objets personnels du défunt. Leur nombre, qui augmente progressivement du 11ème au 7ème siècle, suit la croissance économique de l’île.
LA CRÈTE ORIENTALE DEPUIS LE PREMIER ÂGE DU FER À LA HAUTE ANTIQUITÉ
Depuis l’ère archaïque, l’organisation des cités crétoises est progressivement consolidée suivant le système également connu du reste de l’espace helladique, celui de la cité-État. Les principales cités-États de la Crète orientale étaient : Ierapytna, Itanos, Praisos, Lato, Olous, Istron, Dreros et Malla.
Ces villes présentent les principales propriétés de la cité-État. Elles disposent d’un territoire sur lequel elles dominent et qui est composé de la ville et de la zone rurale. Leurs limites sont strictement définies, fréquemment au moyen de traités spécifiques en cas de différend, comme celui qui opposait Lato à Olous et Ierapytna. Leurs caractéristiques sont les suivantes : indépendance et fonctionnement autonome à tous les niveaux – politique, administratif, religieux, économique – et adoption de lois propres, elles disposent de leurs propres divinités-protecteurs (divinités patrons de la cité), leur propre calendrier, leurs propres fêtes et, bien entendu, leur propre monnaie.
Au fil du temps, certaines villes sont abandonnées. D’aucunes le sont paisiblement, comme Lato, d’autres de manière violente à la suite d’une catastrophe, comme Dreros et Praisos. Les villes évoluent constamment dans un réseau complexe de relations endo- et exo-crétoises, jusqu’à l’occupation romaine, moment où leur statut change radicalement puisqu’elles s’assimilent dans la nouvelle réalité politique, en tant que parties minimes d’un immense empire centralisé.
période hellénistique (220-216 av. J.-C.)
Les fouilles ont mis au jour une partie importante de l’ancienne ville de Lato, de son centre politique et cultuelle, des bâtiments publics et une partie des habitations particulières. La stèle qui fut découverte dans le réservoir central de la ville portait le texte du traité conclu entre Lato et Gortyna confirma la situation et le nom de la ville.
À la fin du 2ème siècle av. J.-C., le centre de gravité est déplacé vers Kamara, sur la côte, qui connaîtra un essor important sous l’occupation romaine. Des vestiges en furent découverts sous la ville contemporaine. L’occupation d’Istron et le conflit avec Olous concernant le sanctuaire frontalier consacré à Aphrodite/Aris (Vénus/Mars) constituent des évènements importants dans l’histoire de Lato-Kamara. Les inscriptions et d’autres objets découverts témoignent de relations avec d’autres villes, en Crète et au-delà de l’île (Dodécanèse, Asie Mineure).
période hellénistique
Les vestiges d’occupation de la zone élargie remontent à la fin du néolithique final.
Le centre urbain du territoire d’Istron à l’ère hellénistique se trouve sur la péninsule Nissi, à proximité du hameau de Kalo Chorio.
Les vestiges archéologiques ne permettent de déterminer le territoire d’Istron que par approximation. Il devait inclure la zone élargie entourant le hameau de Kalo Chorio, tandis que le cimetière de la ville a été localisé au lieu-dit Katevati.
Les témoignages provenant des inscriptions confirment les relations entre Istron et des villes insulaires (Tinos, Kos) et d’Asie Mineure (Teo, Milet, Pergame).
Après 183 av. J.-C., Lato voisine occupa Istron qui, dès lors, cessa d’exister en tant que cité-État indépendante.
Les anciennes fortifications visibles, côté mer, de part et d’autre de l’isthme de Poros, la découverte d’une stèle en pierre, en 1898, où étaient inscrites différentes résolutions adoptées par Olous et, plus tard, la découverte de documents publics et de résolutions concernant des traités conclus avec Rhodes et Lyttos, ainsi que les coupes exploratoires limitées effectuées au lieu-dit Exo Poros, permirent d’identifier le centre urbain du territoire d’Olous. Le cimetière de la ville a été identifié sur le site du hameau de Schisma. Une grande partie de celui-là a fait l’objet de fouilles. L’essor de la ville se poursuivit sous l’occupation romaine, comme en témoignent les inscriptions ainsi que les objets découverts lors des fouilles.

ère classique

ère classique

période hellénistique (205/4 av. J.-C.)
Le centre urbain du territoire de Dreros est identifié sur deux collines situées au Nord-ouest de l’actuelle Néapoli. La région est habitée depuis le subminoen (1050 – 900 av. J.-C.), mais l’organisation urbanistique claire commence au 8ème siècle av. J.-C.
L’on peut distinguer des vestiges d’habitations et des parties de murs d’enceinte remontant à différentes périodes, des bâtiments publics sur le site de l’Agora (prytanée, réservoir d’eau), ainsi que des sanctuaires, sur le marché et dans les citadelles.
Au Nord de la colline A, l’on a repéré le cimetière de la ville, remontant à l’ère géométrique.
Dans divers sites de la ville, l’on a découvert des inscriptions remontant à l’ère archaïque (à contenu législatif, étéocrétois, etc.) et hellénistique (dont la plus importante porte sur le serment des jeunes de Dreros).
La « cité » d’Ierapytna se trouve à l’ouest d’Ierapetra contemporaine. L’établissement romain de Myrtos relevait de son territoire.
Sa situation stratégique favorisa les contacts aussi bien au sein qu’au-delà de la Crète. Le déploiement d’une importante activité diplomatique et militaire offrit à Ierapytna hellénistique une place dominante en Crète orientale. Sous l’occupation romaine, elle était la seconde ville, par ordre d’importance, après Gortyna.
Ierapytna fut occupée et entièrement détruite par Praisos, en 145 av. J.-C., qui acquit ainsi des frontières partagées avec Itanos. Cela entraîna de longs conflits frontaliers qui furent résolus grâce à l’arbitrage de Magnésie d’Asie Mineure et de Rome.
période hellénistique
Le site de Praisos se situe sur trois collines, au cœur de la Crète orientale, à proximité de Néa Praisos contemporaine. La région fut habitée depuis le 8ème siècle av. J.-C., ainsi qu’il découle des sanctuaires et apothètes de sanctuaires particulièrement importants découverts aussi bien dans les citadelles A et C que sur des sites en périphérie.
La ville était considérée comme le centre des étéocrétois, des habitants autochtones de Crète, ce qui lui conféra un caractère particulier que l’on retrace dans les vestiges matériels et, surtout, dans lesdites inscriptions étéocrétoises.
L’histoire plus récente de Praisos est caractérisée par les conflits permanents avec Ierapytna et Itanos voisines et, surtout, par l’épilogue tragique de son histoire qui survint en 145 av. J.-C., lorsqu’elle fut entièrement détruite par Ierapytna.


période hellénistique

période romaine
La partie la plus orientale de la Crète était une partie du territoire d’Itanos, dont le centre urbain est identifié sur deux collines, au Sud-ouest du cap Samonio (dans la ville, l’on découvrit des vestiges d’habitations, de temples et de murailles et, dans la zone élargie, l’on constata l’existence de sanctuaires.) La relation entre Itanos et les Ptoléméens et l’invitation de la garde égyptienne ainsi que le conflit opposant Itanos à Ierapytna concernant le sanctuaire de Diktaios Zeus et l’îlot de Lefki (Koufonissi), finalement résolu en faveur d’Itanos, sont des évènements ayant marqué des étapes importantes dans l’histoire de la ville.
À Lefki, centre de production de pourpre, l’on identifia des édifices particulièrement importants (temple, théâtre, bains, aqueduc), ce qui fit qu’elle fut qualifiée de « Délos de la mer Libyenne ».
Cette unité présente la production de la culture et de l’élevage qui furent la pierre angulaire de l’économie de l’île, comme c’était le cas dans les périodes antérieures. D’un autre côté, l’activité artisanale était relativement réduite. En tout état de cause, les deux répondaient dans une grande mesure aux besoins des habitants de l’île. Le commerce, et surtout le transit de marchandises, se développa particulièrement à partir du 4ème siècle av. J.-C. En même temps, à l’ère hellénistique, les « activités » des mercenaires et des pirates constituaient des sources importantes de revenus.
Les principales activités des Crétois étaient l’agriculture et l’élevage. Leur importance en est démontrée par les conflits fréquents qui éclataient concernant l’occupation de zones adaptées à l’exploitation agricole et d’élevage. Parmi les autres activités figuraient la cueillette des célèbres plantes endémiques et des plantes aromatiques, l’apiculture, l’exploitation des forêts et la pêche. L’artisanat était relativement limité. Les inscriptions font référence aux activités de maçons, de scribes, de citharistes et de tanneurs. Les témoignages archéologiques renvoient à des activités artisanales liées à la poterie, l’armurerie, le travail du métal, le travail de la pierre, la vannerie et le textile, la collecte de sel, le traitement du pourpre et la teinture de fils.
époque archaïque et période hellénistique
époque archaïque et période hellénistique
Les activités artisanales visaient principalement à satisfaire les besoins domestiques et, rarement, le commerce d’exportation. Elles avaient trait à la production de poterie utilitaire de faible qualité, de lampes à huile, de statuettes et de briques (l’on trouve des fours à céramiques à Lato et Kalo Chorio) et à l’extraction de pierre à aiguiser, du mont Oxas d’Olous, et de plomb, de Ziros, à Sitia. Le traitement du pourpre était, lui aussi, développé à Koufonissi, ainsi que la préparation de teintures à tissus, le traitement de cuirs, la collecte de sel dans les marais salants, ainsi que le textile, répondant principalement aux besoins domestiques.
période hellénistique
période hellénistique
Les renseignements dont on dispose concernant les échanges de marchandises pendant cette période proviennent principalement des conclusions issues de la recherche archéologique. À l’exception du vin, les exportations étaient limitées et portaient principalement sur des produits de la culture et de l’élevage, le bois, le miel, la cire et la pierre à aiguiser. Les produits importés représentaient un volume et une valeur plus importants. Il s’agissait de poteries de bonne qualité, de vases en verre et d’éléments architecturaux en marbre, de sarcophages et de sculptures des îles de la mer Égée, d’Afrique du Nord, d’Asie Mineure et d’Italie.
ère classique
En Crète orientale, les villes d’Ierapytna, Itanos, Praisos, Lato, Olous et Malla commencèrent à battre monnaie au 4ème siècle av. J.-C. Ierapytna et Lato poursuivirent cette activité pendant une partie de la période de l’occupation romaine. Ces monnaies semblent avoir circulé principalement dans la zone de chaque cité. Certaines, qui plus est, semblent avoir circulé pour une courte période. Les monnaies d’Ierapytna et d’Itanos constituent des exceptions et semblent avoir circulé beaucoup plus largement, y compris en dehors de leur territoire.
Les pièces portaient le nom de la ville d’origine (p.ex., Praisos, Itanos) et, souvent, celui de la personne chargée de les battre. Les motifs représentés exprimaient la tradition religieuse et le caractère particulier de la ville. Ainsi, l’on trouve des divinités – patron(ne)s des villes, comme Britomartis d’Olous, Elephtheia de Lato, Zeus de Malla, tandis que le dieu marin Glafkos est choisi pour la monnaie d’Itanos, ville maritime par excellence.
La situation géographique, ainsi que les relations commerciales, politiques et militaires entre la région et d’autres villes de la Méditerranée orientale et les royaumes hellénistiques, ainsi que le fait que les habitants devenaient souvent des mercenaires, contribuèrent à l’augmentation de la circulation de monnaies étrangères, surtout après le 3ème siècle av. J.-C. et, principalement, au 2ème siècle av. J.-C. Ces monnaies provenaient surtout de Rhodes, Knidos, Pergame, Syrie et de l’Égypte des Ptoléméens. Après l’occupation de la Crète par les Romains, des pièces romaines issues de divers ateliers monétaires du territoire romain.
La vie quotidienne des hommes et des femmes de l’époque était liée à la position qu’ils occupaient dans la hiérarchie sociale. Les citoyens libres pratiquaient les sports, allaient à la guerre, participaient à la vie publique de la cité et exploitaient leur patrimoine. Les autres s’occupaient à des tâches manuelles et d’autres professions. Les femmes s’occupaient surtout du foyer et ne participaient pas aux affaires publiques. Dans les centres urbains de Crète orientale, la majorité des habitations étaient composées d’une à trois pièces, dont une contenait un foyer bâti. Certaines habitations appartenant à de riches habitants des villes, toutefois, présentent une construction plus soignée.
L’équipement habituel des habitations comportait des ustensiles dont la majorité était en céramique mais pouvaient également être en métal ou en pierre, du mobilier en bois et des tissus destinés à satisfaire les besoins communs du ménage et de l’économie domestique.
Les matériaux de construction de cette période sont la pierre du pays, pour la maçonnerie, le bois et l’argile, pour les toits plats qui étaient rarement revêtus de tuiles. Le sol était revêtu de terre argileuse ou de pierres tandis que, à l’époque romaine, ils étaient ornés de mosaïques (Ierapetra).
L’équipement domestique incluait des vases en pierre et céramique, des lampes à huile, des bassins en pierre, des broyeurs et des mortiers, des pieds de table en pierre ou en marbre. Il semble que la majorité du mobilier fut en bois et, donc, ne laissa pas beaucoup de traces. Parmi les objets rares mis au jour figurent la baignoire en céramique de Lato et le pied de table en marbre de Kamara (Agios Nikolaos). Le tissage, connu depuis l’ère minoenne, continue d’occuper une place importante dans l’économie. La laine était tissée surtout à domicile, pour répondre aux besoins du ménage. À cet effet, on utilisait des métiers à tisser verticaux ainsi qu’une multitude de poids, de crochets de fuseau, d’aiguilles et de ciseaux.
L’intérêt que les Crétois portaient à leur présentation, à l’époque, semble avoir été particulièrement fort, ainsi que témoignent les découvertes archéologiques, provenant principalement des tombes, mais aussi les représentations sur les vases et les statuettes.
Les vêtements, masculins et féminins, reflètent l’âge, le statut social et économique, la profession ainsi que les circonstances auxquelles certains habits sont liés. Les bijoux, en or, en argent, en cuivre ou en fer, qui ornaient la tête, le cou et les mains des femmes, en premier lieu, offrent une image équivalente. Les coiffures féminines font partie intégrante de la présentation. Elles sont particulièrement sophistiquées. Les femmes utilisent également des produits de beauté (psimythia) et des parfums, comme en témoignent les nombreux objets à usage cosmétique.
Aussi bien les documents écrits que les découvertes archéologiques témoignent de la pratique passionnée des sports par les Crétois. C’est ce que montre le nombre élevé de stleggides (râpes servant à nettoyer le corps) et d’aryvallos (petits récipients contenant de l’huile parfumée) qui furent découverts parmi les objets funéraires de nombreuses tombes d’hommes dans le cimetière romain d’Agios Nikolaos, mais aussi le défunt à la couronne en or qui, de son vivant, était probablement un athlète.
Crâne de jeune homme à couronne en or, tel que découvert lors des fouilles. Le tétradrachme en argent - probablement frappé à Ierapytna, sous l’empereur Tibère (14-37 ap. J.-C.), à l’époque du proconsul de Crète L. Larcius Laches – était placé dans la bouche, en guise d’obole pour Charon qui assurait le passage des défunts. Aux pieds du défunt l’on découvrit des strigiles et l’aryballe sphérique. A la main gauche, il portait une bague en or ornée d’une sardoine.
Crâne de jeune homme à couronne en or, tel que découvert lors des fouilles. Le tétradrachme en argent - probablement frappé à Ierapytna, sous l’empereur Tibère (14-37 ap. J.-C.), à l’époque du proconsul de Crète L. Larcius Laches – était placé dans la bouche, en guise d’obole pour Charon qui assurait le passage des défunts. Aux pieds du défunt l’on découvrit des strigiles et l’aryballe sphérique. A la main gauche, il portait une bague en or ornée d’une sardoine.
Crâne de jeune homme à couronne en or, tel que découvert lors des fouilles. Le tétradrachme en argent - probablement frappé à Ierapytna, sous l’empereur Tibère (14-37 ap. J.-C.), à l’époque du proconsul de Crète L. Larcius Laches – était placé dans la bouche, en guise d’obole pour Charon qui assurait le passage des défunts. Aux pieds du défunt l’on découvrit des strigiles et l’aryballe sphérique. A la main gauche, il portait une bague en or ornée d’une sardoine.
Crâne de jeune homme à couronne en or, tel que découvert lors des fouilles. Le tétradrachme en argent - probablement frappé à Ierapytna, sous l’empereur Tibère (14-37 ap. J.-C.), à l’époque du proconsul de Crète L. Larcius Laches – était placé dans la bouche, en guise d’obole pour Charon qui assurait le passage des défunts. Aux pieds du défunt l’on découvrit des strigiles et l’aryballe sphérique. A la main gauche, il portait une bague en or ornée d’une sardoine.
Crâne de jeune homme à couronne en or, tel que découvert lors des fouilles. Le tétradrachme en argent - probablement frappé à Ierapytna, sous l’empereur Tibère (14-37 ap. J.-C.), à l’époque du proconsul de Crète L. Larcius Laches – était placé dans la bouche, en guise d’obole pour Charon qui assurait le passage des défunts. Aux pieds du défunt l’on découvrit des strigiles et l’aryballe sphérique. A la main gauche, il portait une bague en or ornée d’une sardoine.
Des objets identifiés comme étant des jouets de l’époque sont découverts surtout parmi les objets funéraires accompagnant la sépulture d’enfants mais aussi dans des représentations ornant des vases ou dans des statuettes. Il s’agit de miniatures de vases, de charrettes à roues, de poupées (plagon), de statuettes en terre cuite représentant habituellement des animaux (dauphins), de pions en verre, de billes en terre cuite et d’osselets.
périodes hellénistique et romaine
La religion est dorénavant étroitement liée aux structures de gouvernance de la cité-État. Présentant un caractère clairement public, elle joue un rôle prépondérant dans la vie des hommes. En même temps, elle constitue un élément central organisant tous les aspects de la vie publique. Les dieux sont présents dans tous les actes importants entrepris par la ville. Ils sont cités dans les résolutions adoptées, marquent de leur sceau les alliances, revêtent la monnaie de leur prestige, protègent les frontières. En même temps, ils déterminent et bénissent les conditions climatiques et les activités humaines.
Le culte revêt un caractère public net, mais ne manquent pas les indices d’un culte pratiqué dans le foyer, à titre privé. Il est pratiqué dans les temples qui, en règle générale, sont de petite taille. Les sanctuaires en plein air ainsi que les grottes sacrées continuent toujours à accueillir les fidèles.
époque archaïque
époque archaïque
Les cimetières de Crète orientale se trouvaient aux abords des villes et, pour la majorité d’entre eux, ils remplissaient cette fonction sur des durées prolongées. Dans certaines villes, comme à Kamara et Ierapytna, l’on en trouva plus d’un. Les divers types de tombes (en Crète orientale on a découvert des tombes simples, en fosse, à toit en tuiles, en forme de cabane – kalybitis – parallélépipédiques et à tout en voûte) sont disposés par groupes, probablement liées aux lignées et aux familles. Cette organisation interne est parfois aussi indiquée à l’aide de l’architecture, par la création de murs d’enceinte. A Olous, un mur d’enceinte délimitait l’intégralité du cimetière. L’orientation des tombes n’est pas uniforme. En tout cas, le fait qu’ils soient fréquemment « tournés » vers l’Ouest semble refléter l’idée selon laquelle c’est dans cette direction que se trouvait l’Hadès. En règle générale, chaque tombe ne contenait qu’une seule sépulture, à quelques exceptions près. Le rituel de l’ensevelissement incluait des cérémonies spéciales, ainsi qu’il découle des objets découverts. Les défunts étaient toujours accompagnés d’objets funéraires, c’est-à-dire, d’objets que les membres de la famille disposaient dans la tombe pour accompagner leurs défunts. Plusieurs objets revêtaient un caractère symbolique ou magique et religieux.
La situation de la tombe et l’identité du défunt étaient habituellement indiquées au moyen d’un sèma, c’est-à-dire, d’une cube funéraire en pierre ou d’une stèle funéraire portant inscription et, rarement, une représentation en relief.
Le transfert de la capitale de l’empire romain de Rome à Constantinople et la domination progressive du christianisme marquent la 1ère période byzantine. Les sources écrites et les témoignages archéologiques nous apprennent qu’en Crète orientale, à l’époque, il y avait cinq villes côtières : Olous, Kamara, Ierapydna, Sitia et Itanos. Il existait également de petits hameaux. Jusqu’à la seconde moitié du 7ème siècle, l’île de Crète occupe une place stratégique dans la Méditerranée unifiée. En effet, elle constitue un point de référence sur les voies maritimes, au départ et à destination de l’Afrique et de l’Asie.
La domination de la nouvelle religion sur l’île est étayée par le nombre particulièrement élevé d’églises construites à la 1ère période byzantine et, principalement, aux 5ème et 6ème siècles de notre ère. En Crète orientale, l’on trouve des églises datant de cette époque principalement dans des villes portuaires (Elounda, Psira, Mochlos, Sitia et Itanos). Il est certain qu’il en existait également à Ierapetra. En effet, l’existence de l’évêché d’Ierapytna est documentée dans les sources écrites dès le 4ème siècle de notre ère.

525-550 ap. J.-C.


























































































































































































